La débâcle militaire qui a conduit à la chute de la ville de Goma en janvier dernier continue de provoquer des remous au sein de l’appareil sécuritaire congolais. Plus d’une vingtaine d’officiers supérieurs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) seraient désormais mis en cause pour leurs rôles présumés dans cet épisode jugé humiliant pour l’armée nationale.
Parmi les noms cités figurent plusieurs personnalités influentes : Tshiwewe, issu du cabinet militaire du chef de l’État, Franck Buamunda de la maison militaire, Christian Ndaywel des renseignements militaires, ainsi que Marcel Mbangu Mashita, Shiko Tshitambwe, le général Padiri Bulenda de la réserve militaire [Wazalendo], Philemon Yav, Ephraim Kabi de la Garde républicaine et Sikabwe Fall, pour ne citer qu’eux.
Selon des sources concordantes, certains de ces officiers ont déjà été entendus par l’Inspection générale des FARDC, tandis que d’autres se trouveraient en détention depuis plusieurs semaines. Ce vaste mouvement suscite interrogations et spéculations : s’agit-il d’une purge politique orchestrée par le président Félix Tshisekedi pour resserrer son contrôle sur l’armée, ou bien d’une véritable restructuration visant à restaurer discipline et efficacité au sein d’une institution souvent critiquée pour sa faiblesse opérationnelle ?
Pour beaucoup d’observateurs, le sort réservé à ces hauts gradés pourrait marquer un tournant décisif dans la manière dont Kinshasa entend gérer la chaîne de commandement militaire à un moment où le pays fait face à de multiples menaces sécuritaires.



