À l’occasion de la Journée des Nations Unies, célébrée ce 24 octobre et marquant le 80e anniversaire de la signature de la Charte de l’ONU, les autorités locales et provinciales de l’Ituri ont salué l’impact significatif de la MONUSCO dans la stabilisation de la région. Grâce à la présence des Casques bleus et aux actions des agences du système des Nations Unies, des milliers de personnes déplacées ont pu regagner leurs villages d’origine dans les territoires de Djugu et Mahagi.
Pendant plusieurs années, l’activisme des groupes armés, notamment la Codeco, avait contraint des populations entières à fuir leurs localités. Aujourd’hui, la sécurité retrouvée dans certaines localités permet non seulement le retour des déplacés, mais aussi la reprise des activités agricoles et économiques.
À Amee par exemple, dans le territoire de Mahagi, plus de 20 000 personnes ont regagné leurs villages ces trois dernières années. Le chef de Groupement témoigne :
« La MONUSCO a beaucoup fait dans notre entité. D’abord, pour la sécurité de la population et de ses biens ; ensuite pour le développement, en construisant au moins cinq ponts, en réhabilitant des routes, et en installant l’éclairage public au centre d’Amee. Tout cela permet de relier notre entité à trois Groupements, à savoir Mbr’bu, Nioka et Ugwero dont nous étions coupés à cause du délabrement des infrastructures ».
Relance des activités agricoles
Dans le Groupement de Mbr’bu, dans le territoire de Djugu cette fois, la relance agricole est palpable. La production annuelle dépasse désormais dix tonnes de maïs, haricot et café. Le président de la fédération locale des commerçants souligne :
« Depuis que la MONUSCO est installée chez nous, elle s’investit beaucoup. L’insécurité était partout avant, tous les quartiers et champs étaient abandonnés. On ne pouvait pas cultiver. Mais, grâce à la présence de la MONUSCO, la sécurité est revenue, on se rend aux champs sans être inquiétés, et en cas d’attaques, les Casques bleus interviennent rapidement et ils font des patrouilles chaque jour. En plus, la présence de la MONUSCO a permis également la création de champs communautaires, non loin de leur base. »
Ces efforts ont également favorisé la cohésion sociale entre communautés longtemps divisées par les conflits.
Ce vendredi 24 octobre 2025 à Bunia, à l’occasion de la célébration officielle de la Journée des Nations unies, le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama, a exprimé sa reconnaissance envers les Nations Unies :
« C’est un apport critique. Là où il n’y avait pas de vie, vous avez vu la vie reprendre. Je suis sûr que sans eux, on aurait eu beaucoup plus de difficultés. Il y a un résultat palpable. » Lequel ?
« Vous savez que depuis 4 ans que je suis ici, nous avons travaillé en étroite collaboration [avec la MONUSCO], de sorte que là où il n’y avait pas de vie ici avant en Ituri, vous avez vu la vie reprendre. Je parle ici de la RN [route nationale] 27, quand vous arrivez à Kabarole, vous montez vers Nyakunde, vous allez à Boga, Tchabi… Vous allez à Amee, avec tout ce qu’il y avait eu là-bas, vous allez à Ngote, jusqu’à Djalasiga… Vraiment, nous sommes très contents… Et même les déplacés, ils sont pris en charge jusqu’aujourd’hui », a rappelé le général Johnny Luboya.
Des sacrifices énormes au profit des populations
Il a également rendu hommage aux agences onusiennes telles que le PAM, le HCR, le PNUD, l’UNFPA, l’UNICEF et l’OMS, saluant leur « sacrifice énorme » et leur engagement auprès des populations les plus vulnérables.
« Ce sont des civils qui sacrifient leurs vies, qui vont dans des milieux où il y a beaucoup de difficultés d’accès, mais qui n’abandonnent jamais les populations. Ils font un travail incomparable », a déclaré le gouverneur de l’Ituri.
L’ONU fête cette année son 80e anniversaire. A cette occasion, Antonio Guterres, son Secrétaire général, a rappelé l’importance de la solidarité internationale :
« Voilà quatre-vingts ans qu’ensemble, nous nous employons à forger la paix, à lutter contre la pauvreté et la faim, à promouvoir les droits humains et à bâtir un monde plus durable. En cette Journée des Nations Unies, soyons unis et réalisons l’extraordinaire promesse de vos Nations Unies. Montrons au monde ce qu’il est possible de faire lorsque « nous, peuples des Nations Unies » choisissons d’agir ensemble », a écrit Antonio Guterres.
En Ituri, cette promesse prend forme chaque jour, grâce à l’action conjointe des Nations Unies et des communautés locales, déterminées à tourner la page des violences et à bâtir un avenir de paix.




