La liberté de la presse est mise à rude épreuve à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu sous contrôle des rebelles du M23, suite à une réunion controversée entre les journalistes locaux et un représentant du mouvement rebelle du M23. Cette rencontre, qui s’est déroulée à l’Hotel News Riviera, a déclenché une vague d’inquiétudes après que des journalistes présents ont rapporté avoir été menacés.
Selon des sources concordantes, rapporté par Daniel Michombero Batubenga, la session de travail animée par Lawrence Kanyuka, porte-parole du M23, a commencé par la confiscation des téléphones portables des participants. Une mesure qui a immédiatement soulevé des doutes quant aux intentions de l’organisation et à la sécurité des professionnels des médias.
Un journaliste, ayant requis l’anonymat, a révélé que le porte-parole du M23 a imposé des directives strictes. Les journalistes couvrant les zones sous contrôle du mouvement rebelle ont été sommés de s’abstenir de diffuser des informations en provenance d’autres provinces non contrôlées par le M23.
L’interdiction a été particulièrement ciblée sur la capitale, Kinshasa, avec l’ordre formel de ne plus couvrir d’actualités provenant de cette ville.
Le ton de la réunion a viré à l’intimidation lorsque Lawrence Kanyuka aurait menacé d’arrêter tout journaliste qui ignorerait ces instructions. Une telle menace est perçue comme une grave violation de la liberté d’expression et de la capacité des journalistes à informer librement le public.
Cette pression s’inscrit dans un climat déjà hostile pour les professionnels des médias dans la région. Les journalistes locaux sont régulièrement confrontés à des intimidations, des pressions et des menaces, rendant l’exercice de leur métier de plus en plus périlleux.




