Un message publié sur les réseaux sociaux par Lumumba Kambere Muyisa, présenté comme porte-parole du gouverneur du Nord-Kivu agissant pour le compte du M23, suscite une vive indignation et relance le débat sur les véritables intentions de la rébellion dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans cette publication largement relayée, l’auteur affirme, sur un ton moqueur : « Donc un handicapé physique a manipulé les handicapés mentaux », accompagnée d’émojis rieurs. Une déclaration perçue par de nombreux observateurs comme stigmatisante, méprisante et profondément clivante, tant à l’égard des personnes vivant avec un handicap que vis-à-vis de la société congolaise dans son ensemble.
Loin de promouvoir l’unité ou la cohésion sociale, ce message révèle une rhétorique de division, fondée sur l’insulte et la dévalorisation. Pour plusieurs acteurs de la société civile, il s’agit d’un discours incompatible avec les principes de réconciliation et de gouvernance inclusive que la rébellion prétend pourtant défendre dans les zones sous son contrôle.
Ce type de communication renforce les critiques selon lesquelles le M23 ne serait pas un mouvement porteur d’un projet social rassembleur, mais plutôt un acteur contribuant à fracturer davantage une société déjà meurtrie par des années de conflit, de déplacements forcés et de violations des droits humains.
Dans un contexte où l’Est de la RDC a plus que jamais besoin d’apaisement, de respect de la dignité humaine et de dialogue, ces propos sont perçus comme une preuve supplémentaire que la rébellion ne vise pas l’unité nationale, mais s’inscrit dans une logique de domination, d’exclusion et de polarisation.




