Le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix, a une fois de plus élevé la voix pour dénoncer les atrocités perpétrées dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Dans une déclaration poignante publiée ce vendredi 22 août 2025, le gynécologue de renommée mondiale interpelle la communauté internationale sur la gravité des crimes en cours.
Des rapports accablants
À la suite des enquêtes publiées le 20 août par Human Rights Watch et Amnesty International, le médecin de Panzi met en lumière l’horreur vécue par les populations du Nord et du Sud-Kivu, régions meurtries et en grande partie occupées par les forces du M23 soutenues par l’armée rwandaise.
Les deux ONG documentent des exactions massives : violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, massacres de civils, et attaques ciblées contre des populations hutues, notamment dans le territoire de Rutshuru.
Ces atrocités rappellent, selon Dr Mukwege, « le glaçant souvenir des crimes commis en 1996 et 1997 », déjà documentés dans le Rapport Mapping des Nations Unies.
Vers un risque de génocide ?
Human Rights Watch avertit : « Le ciblage par le M23 des civils hutus vivant à proximité des bastions des FDLR soulève de graves inquiétudes quant à un éventuel nettoyage ethnique ».
Dr Mukwege partage cette inquiétude et rappelle que ces crimes, imprescriptibles, « pourraient aujourd’hui être qualifiés de génocide s’ils étaient jugés devant une juridiction compétente ».
L’impunité, moteur du cycle de violence
Pour le Prix Nobel, la tragédie qui frappe l’Est de la RDC s’inscrit dans la continuité d’un cycle d’impunité jamais brisé depuis près de 30 ans.
« Presque 15 ans après la publication du Rapport Mapping, la communauté internationale n’a toujours pas assumé ses responsabilités. On ne peut pas prétendre construire la paix en fermant les yeux sur les millions de victimes congolaises », insiste-t-il.
Un appel à la conscience mondiale
Le Dr Mukwege appelle à des mesures concrètes :
-des sanctions fortes et coordonnées contre les responsables militaires et politiques impliqués;
-la création d’un Tribunal pénal international pour la RDC;
-la mise en place de chambres spécialisées mixtes et d’autres outils de justice transitionnelle.
Alors que les violences continuent de décimer les familles et de semer la terreur, son message résonne comme un avertissement :
« La justice n’est pas une option, c’est une obligation morale et juridique ».
Pour lui, seule une volonté réelle de rompre avec l’impunité permettra d’empêcher la répétition de ces crimes atroces et d’offrir enfin aux Congolais la paix et la dignité qu’ils méritent.
Berm’s Bamba




