Alors que l’est de la RDC reste sous la menace constante des groupes armés, une vive polémique secoue la sphère socio-politique nationale. Xavier Assani, coordonnateur national de la structure Jeunesse na Biso ASBL, monte au créneau et interpelle les députés de l’Union sacrée de la Nation (USN).
Dans une déclaration rendue publique ce lundi 9 juin, cette structure juvénile basée à Bunia, dans la province de l’Ituri, réclame la destitution du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, pour ses récentes déclarations jugées « dangereuses » sur la gestion des zones occupées.
Selon Xavier Assani, la question de la sécurité dans l’est du pays, notamment en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, demeure une priorité absolue pour la population et les autorités.
Pour lui, les propos de Vital Kamerhe « viennent fragiliser les efforts du gouvernement » pour restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
« J’ai suivi avec beaucoup d’amertume le président Vital Kamerhe critiquant la politique sécuritaire mise en place par le gouvernement pour faire pression sur les rebelles qui occupent illégalement notre territoire national », déclare Xavier Assani avant de poursuivre qu’il est inacceptable que les agents de l’État se trouvant dans les zones sous le contrôle de l’AFC-M23 soient payés.
« …Je ne sais de quoi, porter les revendications des rebelles qui demandent chaque jour la réouverture des banques à Goma. Goma et Bukavu n’étant pas entre les mains du gouvernement et ayant aujourd’hui une administration parallèle dont les agents servent cette rébellion, comment envisager de les payer pour un service qu’ils rendent aux ennemis de la République ? » interroge-t-il, indigné.
Clôturant sa déclaration, Xavier Assani va plus loin en dénonçant une forme de légitimation de l’occupation rebelle.
« Et si c’était la seule solution pour essayer de faire fléchir les rebelles ? Selon le président de l’Assemblée, par peur de donner l’impression que nous avons sacrifié cette zone, il faut donner carte blanche aux rebelles en leur ouvrant les banques ? » s’est-il interrogé.
La situation sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo, notamment dans une partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, reste confuse depuis l’occupation de cette partie par les rebelles du M23. Les agents de l’État dans la région peinent à retrouver leur salaire.
Elias Lwayivweka



