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RDC : « Plus de soins sans paiement », les hôpitaux avertissent l’État congolais

Le système de santé congolais traverse une nouvelle zone de turbulence. Plusieurs structures confessionnelles, appuyées par le Centre Hospitalier Monkole, annoncent la suspension partielle des soins gratuits, invoquant des retards massifs de paiement de la part du Fonds de Solidarité de Santé (FSS), pilier de la Couverture Santé universelle (CSU).

Des dettes étouffantes qui paralysent

Dans une correspondance officielle adressée aux autorités sanitaires, les responsables des structures de santé de l’Église du Christ au Congo (ECC), de l’ACK, de l’Église Kimbanguiste, de l’Armée du Salut et du Bureau des Œuvres Médicales (BDOM) tirent la sonnette d’alarme. Ils dénoncent :

8 mois d’impayés pour les accouchements pris en charge dans le cadre de la CSU ;

20 mois de non-paiement pour les consultations prénatales (CPN), les consultations spécialisées (CPS) et les échographies ;

Des factures réglées à seulement 30 %, malgré les prestations déjà effectuées ;

Des retenues injustifiées sur les fonds destinés à l’achat de médicaments, dont certains n’ont jamais été livrés.

Face à cette situation jugée insoutenable, les structures confessionnelles annoncent que les soins resteront partiellement gratuits jusqu’au 19 juin. Passé ce délai, tous les actes deviendront payants si aucun accord n’est trouvé avec le gouvernement.

Monkole contraint de suspendre les soins maternels gratuits

Le Centre Hospitalier Monkole, établissement de référence à Kinshasa, emboîte le pas. Dans un communiqué publié le 2 juin, la direction annonce la suspension, à partir du 7 juin 2025, des services gratuits de maternité et de néonatologie, suite à des arriérés de paiement datant d’octobre 2024.

Une menace pour les plus vulnérables

Cette rupture progressive dans la gratuité des soins soulève de vives inquiétudes sanitaires :

Risque d’explosion de la mortalité maternelle et infantile, faute d’accès aux accouchements médicalisés ;

Abandon des soins préventifs, tels que les consultations prénatales et les échographies ;

Recrudescence de l’automédication, souvent risquée, voire mortelle ;

Saturation annoncée des hôpitaux publics, déjà sous-financés et débordés.

La CSU en perte de souffle

Lancée comme projet phare pour garantir un accès universel aux soins, la CSU révèle aujourd’hui ses failles structurelles : mauvaise gouvernance, imprécisions contractuelles, retards de financement et manque de transparence dans la gestion du FSS. La crise actuelle vient remettre en cause la viabilité même du système, particulièrement dans un pays où les structures confessionnelles assurent une grande partie de l’offre de soins.

Un appel pressant à l’État

Les responsables des structures médicales impliquées appellent à une réaction urgente du gouvernement : paiement des dettes, signature d’un nouvel accord de collaboration, et engagements fermes pour éviter l’effondrement du dispositif de soins gratuit.

Une crise silencieuse mais profonde

La République démocratique du Congo est aujourd’hui confrontée à une crise sanitaire latente mais lourde de conséquences. À l’heure où les structures confessionnelles menacent de se retirer partiellement du programme de gratuité, des milliers de vies se retrouvent en suspens.
Le gouvernement est désormais face à ses responsabilités.

Photo crédit voice of congo
Berm’s Bamba

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