L’insécurité est devenue l’un des défis majeurs des sociétés contemporaines, affectant aussi bien les zones urbaines que rurales. Ces dernières années, les cas d’insécurité se sont multipliés à un rythme inquiétant, mettant à rude épreuve les capacités de réponse des autorités. Entre banditisme, terrorisme, cybercriminalité et conflits intercommunautaires, le paysage sécuritaire s’est considérablement complexifié.
D’abord, l’évolution des formes de criminalité rend difficile toute approche unique. Là où autrefois les questions sécuritaires relevaient surtout de la délinquance ordinaire, on observe aujourd’hui une diversification des menaces : attaques armées, enlèvements, extorsions, radicalisation religieuse, prolifération des armes légères, etc. Ces phénomènes sont souvent interconnectés, alimentés par la pauvreté, le chômage, la corruption, et la faiblesse des institutions.
Ensuite, la porosité des frontières et la circulation illicite des armes accentuent le problème. De nombreux États peinent à contrôler efficacement leur territoire, laissant des espaces vides où prospèrent les groupes armés. Ces zones deviennent alors des sanctuaires pour les réseaux criminels ou terroristes, qui y imposent leur propre loi.
Par ailleurs, la réponse sécuritaire se heurte à des contraintes multiples : manque de ressources, formation insuffisante des forces de l’ordre, et parfois, une méfiance de la population envers les institutions censées les protéger. La coopération entre les différents services de sécurité et les pays voisins reste limitée, rendant difficile une riposte coordonnée.
Enfin, l’insécurité a des conséquences profondes sur la cohésion sociale, le développement économique, et la confiance des citoyens. Elle engendre des déplacements massifs de populations, désorganise les systèmes éducatifs et sanitaires, et freine les investissements. Le climat de peur permanent nuit à toute tentative de stabilisation durable.
Face à cette complexité, une approche uniquement répressive ne suffit plus. Il est impératif d’adopter une stratégie holistique, alliant sécurité, développement, justice sociale et bonne gouvernance. Impliquer les communautés locales, renforcer les institutions, et promouvoir l’éducation et l’emploi sont des pistes essentielles pour désamorcer durablement les sources d’insécurité.
Que faire ? S’interroge le journaliste Lucien Mvouni de la radio maquis FM.



