Le retour du gouverneur militaire, le lieutenant général Johnny Luboya N’kashama, en Ituri, après trois semaines de mission à Kinshasa, la capitale congolaise, suscite des critiques au sein de la classe politique. À Bunia, une mobilisation a atteint son zénith à l’aéroport le jeudi 1er mai, mais les avis divergent quant au maintien de l’état de siège, une mesure jugée inefficace sur le plan sécuritaire.
Pour le député national élu dans la circonscription de Bunia-ville, Gracien Iracan de Saint Nicolas, l’état de siège est perçu comme un dispositif politisé.
« L’état de siège est devenu un dispositif politisé ! Nous avons besoin de la paix, bien évidemment, mais cela n’exclut pas un débat républicain avant toute prorogation », a déclaré ce représentant de la population de Bunia à l’hémicycle.
Dans une publication sur son compte X (Twitter), Iracan s’étonne « que le Bureau de l’Assemblée nationale refuse tout débat à ce propos. Une violation manifeste du règlement intérieur de la chambre basse ! On dirait que les voix des habitants de l’Ituri, Province Nord-Kivu ne comptent pas pour les institutions. »
En qualifiant le retour du gouverneur « d’un deuil pour la province », Gracien Iracan déclare que ce retour sous l’état de siège soulève des interrogations. « Le retour du gouverneur militaire en Ituri a constitué un deuil pour toute la province. Un militaire qui demande qu’une masse populaire l’accueille à l’aéroport, et qui affirme haut et fort qu’il sera en Ituri jusqu’à son « dernier souffle », c’est tout simplement politique. Ça laisse à réfléchir », peut-on lire sur son compte officiel X.
Précisons que, lors de son arrivée à Bunia, le lieutenant général Johnny Luboya s’est félicité de son travail et de la confiance qui lui a été accordée par le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi. Néanmoins, il a reconnu les défis sécuritaires qui restent à relever malgré les efforts fournis.
Elias Lwayivweka



