Professionnel de son état, Willy-Alebert Kande a fait ce qu’il fallait : saisir l’occasion d’une audience très élargie pour dénoncer une situation alarmante, vraisemblablement, en vue de trouver de solutions. Cependant, ce que le journaliste du desk sport de la chaîne nationale ignorait, c’est qu’il se jetait dans la gueule du loup.
Liberté d’expression bafouée, respect de la personne piétinée. Menacée, la « crédibilité » des ceux qui sont censés prendre les choses en mains et sauver le Stade des Martyrs, longtemps dans un état piteux, laisse place à une « dictature » aussi triste qu’étonnante. Sur les antennes de la RTNC alors qu’il présentait un plateau spéciale en marge du match amical entre la RDC et le Madagascar dimanche 8 juin dernier, Willy-Albert Kande a rappelé un triste fait, connu de tous, sur l’insalubrité au Stade des Martyrs.
Après cette antenne dédiée au match des Léopards, il sera interpellé par les services de sécurité, ensemble avec son confrère Marcelin Mwananteba également présent sur le plateau de la RDC, suite à cet extrait qui a mis à nu l’état de délabrement du plus grand stade du pays, et pas qu’un peu.
Les deux chevaliers de la plume ont subi un long interrogatoire ce lundi 9 juin. Cependant, relaxé, Marcelin Mwananteba est rentré chez lui. Quant à Kande, il a passé la nuit dans les locaux de la LENI (Police), avenue Victoire, à en croire ses avocats.
Ce dossier de l’état du Stade des Martyrs n’est pas nouveau. Depuis plusieurs mois, des médias en parlent, des voix s’élèvent, mais le silence des autorités habiletés à intervenir reste intact. Le péché de Kande serait, visiblement, de l’avoir rappelé au bon moment mais au mauvais endroit. Très mauvais, alors !
Emery Kabongo



