Les préalables posés ce 08 avril 2025 par le rebelle du M23 comme condition à toute discussion avec Kinshasa dissimule maladroitement une ambition d’obtenir par la pression psychologique ce que le droit, la démocratie et la légitimité populaire leur refusent. Une reconnaissance politique imméritée, taillée sur mesure pour institutionnaliser la prédation d’un groupe rebelle au service d’un agenda étranger. Les chefs du M23 veulent hausser les enchères en amont, pour maquiller leur faiblesse en posture de force. Nous examinons ces préalables, un à un, pour en dévoiler la nature réelle.
1. Exiger du Chef de l’ État une déclaration solennelle reconnaissant une volonté politique de dialoguer avec le M23 revient à réclamer une capitulation symbolique. Ce serait contraindre la République à s’agenouiller devant les responsables du carnage de Goma, à élever au rang d’interlocuteur légitime une force armée soutenue par l’étranger. C’est non seulement inacceptable, c’est moralement obscène.
2. L’abrogation de la résolution parlementaire du 08 novembre 2022, de même que la levée des poursuites contre les dirigeants du M23, s’inscrivent dans la même logique : effacer les crimes, blanchir les coupables, désarmer l’État face à l’impunité. C’est une insulte à notre système judiciaire, à la mémoire des victimes, et à tous ceux qui, dans l’Est, résistent à la terreur.
3. La libération automatique de tous ceux arrêtés pour collaboration avec le M23, sous prétexte de faciès ou d’origine, elle vise à miner l’autorité de nos services de sécurité. Qui peut croire qu’en pleine guerre, un État puisse relâcher ceux qui renseignent, organisent ou soutiennent une rébellion ?
4. Le préalable exigeant la fin des « discours de haine », est d’un cynisme rare. Le peuple congolais, dans sa diversité linguistique et ethnique, ne rejette pas les communautés, mais ceux qui les utilisent comme boucliers pour trahir la patrie. Il est trop facile d’invoquer le kinyarwanda comme prétexte d’oppression. Un subterfuge de Kigali relayé par ses porte voix pour justifier son aventure.
Enfin, exiger un cessez-le-feu bilatéral alors que le M23 continue d’occuper des localités, d’ériger des barrières, de collecter illégalement taxes et impôts, c’est vouloir graver dans le marbre une occupation de fait. C’est l’officialiser par le silence.
Derrière ces préalables se cache en réalité une entreprise d’annexion rampante. Sans moyens humains, logistiques et financiers pour atteindre Kinshasa. Le M23 s’installe allègrement dans les territoires sous occupation rwandaise. Il gouverne. Il administre. Il imprime. Il légifère. En créant l’AREFA, pseudo-banque centrale, il tente d’imiter l’État. Bientôt, s’ils ne sont pas arrêtés, ils fabriqueront leur propre monnaie. Le franc du Kivu, peut-être ? Et pour voyager, quel passeport brandiront-ils ? Celui du Rwanda ? Ou vont-ils en imprimer un nouveau estampillé d’un drapeau qu’ils cousent déjà dans l’ombre ? Nous sommes à un pas de l’instauration d’un proto-État, sur fond de pillage minier et de stratégie d’occupation permanente.
Un projet qui ne dit pas son nom mais dont les contours sont clairs : balkaniser la RDC, arracher le Kivu à la mère-patrie, le soumettre à une influence rwandaise permanente, et transformer une région congolaise en appendice colonial déguisé.
Le Président de la République n’a ni à plier, ni à faiblir. Il tient la ligne républicaine, celle de l’unité, de l’indivisibilité et de la dignité nationale. Le soutenir, c’est refuser que notre destin soit négocié à Doha par ceux qui n’ont pour mission que d’exécuter les ordres de Kigali.
La nation congolaise doit rester debout, rassemblée, vigilante. Ce que le M23 réclame aujourd’hui, c’est ce que le Rwanda convoite depuis longtemps. Mais ce que les Congolais défendent aujourd’hui, c’est ce que nos ancêtres ont hérité hier : un pays libre, entier, et debout.



