Cela fait exactement sept-ans jour pour jour depuis la disparition de Jacques Mbadu Nsitu Di Mavungu. Le 31e gouverneur du Kongo Central quittait cette terre des hommes, le 19 juillet 2018 à Kinshasa, de façon inopinée de suite d’un malaise peu avant le discours du Chef de l’État, Joseph Kabila Kabange, devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès.
Un infatigable travailleur, plein d’initiatives, jamais à court d’idées, toujours sur sa brèche, Jacques Mbadu communément appelé « Jacques Ba Moyens », « Lourd » était un homme pétri de sens d’organisation.
Un parcours qui ne peut passer inaperçu pour Eric Lubamba Ngimbi, Directeur cellule des marchés publics au Kongo Central, qui lui rend un vibrant hommage à travers ce récit.
Kinshasa, jeudi 19 juillet 2018. L’irréversible arriva…
Comme un coup de tonnerre, le Gouverneur Jacques Mbadu tira sa révérence à l’hôpital du Cinquantenaire, à Kinshasa.
Quelle douleur, quelle tristesse, quelle consternation.
Ce fut comme une bombe sur ma tête, car la veille encore, accompagné de Monseigneur Mbuka, évêque émérite de Boma, nous avions ensemble planifié l’achèvement des travaux du beau sanctuaire de la cathédrale de Boma.
J’ai aussitôt appelé mon épouse, Justine Lubamba, et nous avons prié dans l’église cathédrale pour que le Seigneur accomplisse un miracle.
Hélas, son heure avait sonné.
Que dire de ce grand Monsieur, lui qui voyait toujours les choses en grand ?
Jacques Mbadu, dans sa spiritualité :
Chrétien catholique fervent, très respectueux des prescriptions de l’Église, il vouait une profonde dévotion à la Vierge Marie. Il multipliait les actions sociales, soucieux de faire le bien.
Pour nourrir notre communion avec le Christ, il nous a laissé un sanctuaire moderne, avec la présence permanente du Saint-Sacrement, ouvert aux visiteurs et à tous les Bomatraciens.
• Jacques Mbadu, homme de travail :
Un travailleur infatigable, capable de concevoir un projet solide et bancable. Durant toute la durée des grands travaux d’infrastructures dans la province, il était sur le terrain. Il lui arrivait même de rester sous la pluie avec les ouvriers, trempé mais déterminé.
La bretelle de 15 km menant à Boma, une initiative privée difficilement acceptée par la partie chinoise, lui doit beaucoup. Pour moi, il serait juste que cette voie soit baptisée Boulevard Jacques Mbadu.
Jacques Mbadu, dans sa fragilité :
Il ne voulait jamais manquer d’argent liquide sur lui. Il tenait à pouvoir répondre à tout moment à une urgence ou à un besoin.
Il a été profondément affecté par le dossier de la RN1, répétant souvent que la province ne recevait que des miettes de la rétrocession.
Oui, respect, Monsieur le Gouverneur.
Je garde précieusement ta belle citation :
« Seuls les anonymes reconnaîtront les biens que nous faisons sur terre.
Cette vieille maman qui passe sur un pont que nous avons construit, ne cessera de prier pour vous, sans même vous connaître. »
Ses conseils que je n’oublierai jamais :
Toujours compter sur le Seigneur, jamais sur les idoles ni les occultistes.
Toujours bénir vos enfants, car la bénédiction passe par les parents.
Toujours vaincre le mal par le bien et respecter les Hommes de Dieu.
Pour conclure, nous prions le Seigneur que, par l’implication de sa famille et de l’État, ton corps revienne un jour à Boma.
Le mausolée t’attend… depuis déjà sept ans.
À jamais dans mon cœur.
Repose en paix, LOURD.
Éric Lubamba
Le 19 juillet 2025




