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Entre « paraître » et « devenir », deux motivations, deux couches sociales au cœur de Kinshasa !

De « mbokatier » à kinois, il n’y a que ce clin d’œil de langage d’argot kinois : ce fameux « K ». Une simple lettre d’alphabet français, mais tout un phénomène social à Kinshasa.

« K » qui veut dire « Remarquer » est justement cette fine frontière entre le « paraître des kinois » et le « devenir des mbokatier » sur laquelle se dessine toute la dynamique de la capitale. Lorsque le kinois vit pour être remarqué, le ressortissant communément appelé « Mbokatier » par les kinois, lui, cherche d’abord à s’adapter, à survivre.

Coincé entre rêves non réalisés et quotidiens sans espoir du lendemain, de nombreux kinois aiment le luxe, la vie de « Matalana » ou encore vivre au dessus de leurs moyens, justement parce qu’à Kinshasa, l’apparence, c’est la moitié du respect.

Et quinconce n’incarne pas cette mode de vie kinoise, qu’il soit « Tatu » du Kasaï, swahiliphone de Goma, Kisangani ou Lubumbashi ou encore kongo du Kongo central ; pour plusieurs kinois, c’est un « Mowuta », un « Mbokatier ».

Entre stigmatisation, insultes et préjugés, les Mbokatier à Kinshasa vivent sous une pluie de comportements méprisants. Cependant, dans la débrouillardise, ces « non-kinois » sont ceux qui prospèrent le plus dans la capitale congolaise.

Les « vrais » kinois par contre, remplis de rage contre les gouvernants, s’en fichent de réussir dans leur ville natale. Avec leur lingala fignolé, ils rêvent d’autres horizons : Mikili, Beya (Brazzaville) ou Soyo (Angola). Bref, même sans destination fixe, le rêve de plusieurs jeunes kinois, c’est d’abord de quitter la ville.

L’autre classe, les Mbokatier par contre, ont l’unique rêve ou motivation d’évoluer dans la capitale. Ils commencent souvent chailleurs à Zando, receveurs à Bambole ou Kasongo dans tout Kin mais après un temps, ils finissent par imposer le respect.

Joshua Desvers Nsiala
Photo crédit Nathanaël Milambo

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