Dans une lettre ouverte au ton ferme, Blanchard Mwamba, président du premier parti politique fondé par la diaspora congolaise, a réagi aux récentes déclarations de Moïse Nyarugabo. Il accuse ce dernier d’attiser les divisions ethniques et de manipuler l’opinion publique à des fins politiques.
« Monsieur Moïse Nyarugabu,
Il est temps de mettre un terme à vos discours séparatistes et à vos menaces répétées contre la République. Derrière vos justifications prétendument morales se cache un projet dangereux : une stratégie de division fondée sur l’ethnicisme, le tribalisme et une manipulation grossière de l’opinion publique. »
Pour Blanchard Mwamba, le discours victimaire autour des habitants de Mulengué ne relève pas d’une volonté sincère de défense, mais plutôt d’une instrumentalisation politique.
« Votre rhétorique victimaire autour des habitants de Mulengué n’a rien d’innocent. Vous ne cherchez pas à défendre ces populations, mais à les instrumentaliser, à les isoler symboliquement des autres communautés congolaises dans le but de créer une crise sociale et d’en tirer profit politiquement. Ce jeu dangereux, fondé sur une victimisation opportuniste, ne fait que raviver les tensions et compromettre la cohésion nationale. »
L’auteur de la lettre salue la retenue du chef de l’État face à ces prises de position jugées provocatrices, tout en rappelant que nul n’a l’exclusivité de la violence.
« Le président Tshisekedi fait preuve d’un calme remarquable face à vos provocations. Mais qu’on ne s’y trompe pas : personne n’a le monopole de la violence, encore moins ceux qui se cachent derrière des minorités démographiques pour menacer l’unité nationale. »
Appelant à la réconciliation et à la mémoire des souffrances passées, Blanchard Mwamba insiste sur l’urgence de tourner le dos à la haine et au repli identitaire.
« Nous œuvrons pour la paix uniquement pour la paix entre les communautés. Car beaucoup de nos concitoyens ont déjà souffert, séduits par un héritage colonial qui les a dressés les uns contre les autres. Certains, par soif de reconnaissance, sont allés jusqu’à massacrer leurs semblables, à la machette, croyant ainsi trouver leur place auprès de leurs bourreaux. »
Critiquant ce qu’il considère comme une tentative d’importer des logiques sociales étrangères au contexte congolais, il réaffirme l’attachement à l’unité nationale.
« Les tentatives d’imposer des modèles importés, notamment ceux fondés sur des castes venues du Rwanda, n’ont pas leur place en République démocratique du Congo. Ici, nous sommes tous Congolais. Et comme partout, il y a de bons et de mauvais citoyens. C’est à vous de choisir de quel côté de l’Histoire vous souhaitez être. »
Enfin, Blanchard Mwamba clôt sa lettre sur un appel à la paix, dénonçant la violence contre les civils et réaffirmant que seule la paix permettra à la nation de se reconstruire.
« Sachez-le : la guerre, la vraie, n’est pas l’affaire des lâches qui s’en prennent aux enfants et aux femmes enceintes. Elle est menée par des hommes forts et courageux. Mais nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons la paix. Et pour cela, il faut renoncer à la haine. »



