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« Danger de la surenchère politique autour du dialogue annoncé par le Chef de l’Etat » Tribune d’Éric Lubamba, notable de la ville de Boma.

Alors que le dialogue annoncé par le Chef de l’État suscite déjà des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise, Éric Lubamba, notable de la ville de Boma, appelle les différents protagonistes à éviter toute surenchère susceptible d’étouffer le processus avant même son ouverture.

Pour Éric Lubamba, le véritable danger ne réside pas dans l’existence de divergences autour du dialogue, mais dans la possibilité que celles-ci conduisent à un blocage prématuré. Dans une tribune consacrée à cette question, le notable de Boma estime que les acteurs politiques doivent éviter de transformer cette initiative en un nouvel espace d’affrontement.

« Le dialogue doit commencer avant que les conditions ne deviennent des obstacles »

La méfiance entre les acteurs politiques demeure l’un des principaux défis auxquels est confronté le processus. Une partie de l’opposition continue notamment de contester les modalités annoncées, tandis que certaines plateformes avancent plusieurs exigences relatives à la neutralité de la médiation, à l’inclusivité, à la sécurisation du cadre des discussions et à la définition consensuelle des termes de référence.

Pour Éric Lubamba, ces préoccupations peuvent légitimement être exprimées. Toutefois, il met en garde contre leur transformation en conditions absolues qui empêcheraient les parties de s’asseoir autour d’une même table.

« Le véritable danger, c’est que le dialogue soit étouffé avant même de commencer », soutient-il en substance.

Selon lui, chaque camp doit éviter de vouloir imposer son rapport de force avant l’ouverture des discussions. Le pouvoir ne devrait pas considérer que tous ceux qui souhaitent la paix doivent automatiquement adhérer à son format, tandis que l’opposition ne devrait pas fermer définitivement la porte au processus avant d’avoir pu peser sur ses modalités.

Les urgences du pays au-delà des querelles politiques

Dans sa réflexion, Éric Lubamba estime également que la classe politique doit garder à l’esprit les véritables urgences auxquelles fait face la République démocratique du Congo.

La guerre dans l’Est du pays, la pauvreté, le chômage, les difficultés de gouvernance, la justice, la cohésion nationale et la crise de confiance entre les citoyens et les institutions constituent, selon lui, des enjeux qui dépassent largement les rapports entre majorité et opposition.

Il considère ainsi que le dialogue ne devrait pas être réduit à un simple mécanisme de partage des responsabilités politiques.

L’objectif devrait plutôt être de poser les bases d’une véritable refondation de l’État, en privilégiant des solutions durables aux crises qui fragilisent le pays.

La méfiance, un obstacle majeur

Éric Lubamba identifie également la « suspicion permanente » comme l’un des principaux freins au rapprochement entre les acteurs politiques.

L’opposition peut craindre que le dialogue serve à légitimer certaines orientations du pouvoir ou à préparer de nouvelles évolutions institutionnelles. De son côté, le pouvoir peut soupçonner certaines forces de l’opposition de vouloir utiliser le processus comme un moyen de bloquer l’action gouvernementale.

Pour le notable de Boma, cette logique de suspicion mutuelle doit être dépassée.

« Si chacun interprète systématiquement l’autre à travers le soupçon, aucun compromis ne devient possible », fait-il valoir.

Éviter un dialogue sans lendemain

Autre préoccupation soulevée dans cette tribune : le risque de voir le futur dialogue déboucher sur de simples arrangements politiques sans impact réel sur la vie de la population.

Nominations, redistribution des responsabilités, accords entre acteurs politiques et déclarations générales ne devraient pas constituer l’aboutissement du processus, estime Éric Lubamba.

Pour lui, la population congolaise attend davantage : des réponses concrètes aux problèmes du pays et une amélioration durable de la gouvernance.

« Le dialogue ne doit être ni une capitulation de l’opposition, ni une victoire du pouvoir. Il doit être un compromis de la Nation », résume-t-il.

Un appel également adressé au pouvoir

Si l’opposition est appelée à faire preuve d’ouverture, le pouvoir a également, selon Éric Lubamba, une responsabilité particulière.

L’initiative étant portée par le Chef de l’État, il lui revient de créer les conditions permettant à toutes les sensibilités de participer au processus sans avoir le sentiment que les décisions sont déjà arrêtées.

Le dialogue, insiste-t-il, ne devrait être ni celui du Président de la République, ni celui d’une famille politique, mais un véritable cadre national permettant aux différentes composantes de la société congolaise de rechercher des solutions communes.

« Faire du dialogue un compromis de la Nation »

En définitive, Éric Lubamba appelle les acteurs politiques congolais à éviter de transformer le dialogue en une bataille politique avant même son ouverture.

Pour lui, la RDC a besoin d’un espace où les protagonistes peuvent momentanément dépasser la logique de confrontation pour rechercher ce qui demeure essentiel : la paix, la stabilité des institutions, la cohésion nationale et la défense des intérêts du peuple congolais.

Son message se veut également spirituel. Il invite les Congolais à demander la sagesse du Seigneur afin que la grâce divine accompagne le pays dans cette période délicate et qu’il puisse enfin prendre son véritable envol, tout en se débarrassant de ceux qui, selon lui, continuent de prédater les ressources et les intérêts de la République.

Pour Éric Lubamba, le défi est donc clair : faire du dialogue non pas un nouvel épisode de la confrontation politique, mais une véritable opportunité de rapprochement et de refondation au service de la Nation.

Jonobe Tsilulu.

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