L’audience du procès de Constant Mutamba s’est poursuivie ce mercredi 30 juillet à la Cour de cassation, dans une atmosphère tendue mais empreinte de gravité. Accusé de détournement présumé de 19 millions de dollars américains, initialement destinés à la construction d’une prison à Kisangani, l’ancien ministre de la Justice se défend avec vigueur, et affirme que l’argent querellé se trouve encore sur un compte bancaire.
Face aux juges, Mutamba n’a pas vacillé. « Je vais affronter ce procès jusqu’au bout… C’est le prix d’un combat que je paie », a-t-il lancé d’une voix ferme, assumant son choix de faire face à la justice, tout en dénonçant ce qu’il considère comme des manœuvres politiques.
Au début de l’audience, ses avocats ont tenté d’interrompre la procédure en soulevant plusieurs irrégularités liées à l’autorisation des poursuites judiciaires contre leur client. Une requête avait été déposée à la Cour constitutionnelle pour contester la légalité du processus, mais la Cour de cassation a rejeté cette exception, décidant de poursuivre l’audience.
Dans sa stratégie de défense, Mutamba ne veut pas se contenter de déclarations. Il veut des preuves, des faits, des confrontations. C’est pourquoi il a demandé la comparution de plusieurs personnalités nationales en qualité de témoins, espérant que leurs témoignages permettront de rétablir la vérité. Parmi les noms cités figurent :
-La Première ministre Judith Suminwa;
-L’ancienne ministre de la Justice, Rose Mutombo;
-Le chef de division provinciale de la Justice à Kisangani;
-L’inspecteur général des finances, Jules Alingete;
-Le secrétaire exécutif de la CENAREF;
-Le ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction;
-Le chef du département de génie civil de l’Université de Kinshasa;
-Le responsable du Guichet unique;
-Un inspecteur en poste à l’IGF;
-Et le ministre des Sports.
Cette liste, aussi diverse que stratégique, montre que l’ancien ministre entend replacer le débat dans un cadre institutionnel plus large, et pas uniquement sur sa personne.
Pour Mutamba, ce procès n’est pas seulement une épreuve personnelle. Il est aussi révélateur des tensions qui traversent les sphères de pouvoir en République démocratique du Congo. Derrière la technicité juridique, se dessine le portrait d’un homme qui, en se défendant, semble aussi vouloir mettre en accusation un certain système.
La prochaine audience prévu le lundi 04 Août 2025 pourrait marquer un tournant, notamment si la Cour accepte la comparution de ces témoins. D’ici là, l’ancien ministre reste en liberté provisoire mais sous pression, porté par une conviction profonde : celle que la vérité finira par triompher.
Berm’s Bamba



