L’élu de Boma Omega Mbadu Manu plaide pour une hausse progressive des frais de scolarité et demande des éclaircissements sur l’utilisation des fonds destinés aux infrastructures scolaires. Il remet également sur la table la question des disparités salariales entre enseignants des villes et ceux des territoires.
La hausse des frais de scolarité dans la province du Kongo Central continue de susciter des réactions au sein de l’Assemblée provinciale. Lors d’un débat consacré à cette question, le député provincial Oméga Mbadu, élu de la ville de Boma, a exprimé ses réserves face à l’augmentation annoncée de 35 %, tout en réaffirmant son engagement en faveur de l’amélioration des conditions de vie des enseignants.
Intervenant devant ses collègues, l’élu de Boma a d’abord salué l’initiative de l’honorable Guylain Panzu, qui a permis l’ouverture de ce débat, ainsi que la participation du ministre provincial de l’Éducation à cet exercice démocratique.
Des écarts entre provinces qui interrogent
Pour étayer son argumentation, Oméga Mbadu a évoqué des données issues, selon lui, des arrêtés provinciaux auxquels il a pu accéder. Il a notamment comparé les frais appliqués au Kongo Central à ceux du Haut-Lomami et du Kasaï.
D’après les chiffres présentés par le député, les frais pour les humanités s’élèveraient à 74 000 FC au Kongo Central, contre 65 000 FC au Haut-Lomami et 30 000 FC au Kasaï. Pour l’enseignement technique, il a avancé respectivement 82 000 FC, 65 000 FC et 40 000 FC.
Tout en reconnaissant que les arrêtés ne sont pas nécessairement adoptés au même moment dans toutes les provinces, ce qui complique les comparaisons directes, l’élu estime que ces écarts méritent une attention particulière.
« Est-ce que les parents du Kongo Central sont les plus riches de la République ? », s’est-il interrogé, contestant le poids supplémentaire que cette augmentation pourrait faire peser sur les ménages.
Pour Oméga Mbadu, une hausse des frais peut être envisagée, mais elle devrait s’opérer progressivement, plutôt que d’atteindre 35 % en une seule année. Il redoute qu’une telle progression accentue les difficultés financières des familles et s’interroge sur le niveau des frais qui pourrait être appliqué les années suivantes.
L’amélioration des conditions des enseignants reste une priorité
Au-delà de la question des frais scolaires, le député a tenu à rappeler son plaidoyer en faveur d’une meilleure rémunération des enseignants.
Il est notamment revenu sur les démarches entreprises à Kinshasa concernant les disparités salariales entre les enseignants des villes et ceux des territoires du Kongo Central.
Prenant l’exemple de Boma, il a souligné que les enseignants y supportent des charges liées au logement et au transport comparables à celles de leurs collègues de Matadi, tout en étant, selon lui, soumis à un barème salarial inférieur.
L’élu a reconnu qu’une légère majoration était intervenue, mais estime que cette évolution ne met pas fin au problème.
Sa position se veut donc nuancée : il soutient l’amélioration des conditions salariales des enseignants, mais considère que cette ambition ne devrait pas se traduire par une augmentation trop brutale des charges supportées par les parents d’élèves.
Les fonds destinés aux infrastructures scolaires au cœur des préoccupations
La seconde recommandation d’Oméga Mbadu concerne la réintégration ou la clarification de la part des frais scolaires destinée à l’amélioration des infrastructures dans la ville de Boma.
Selon le député, les tableaux de ventilation des frais scolaires des années précédentes comportaient une rubrique consacrée aux infrastructures. Il s’interroge toutefois sur les réalisations concrètes dont les établissements scolaires de Boma auraient bénéficié grâce à ces ressources.
« Montrez-nous d’abord ce que vous avez fait avec l’argent de l’année passée, avant de demander 35 % de plus cette année », a-t-il déclaré au cours de son intervention.
L’élu a affirmé que, depuis le début de son mandat à l’Assemblée provinciale, il n’avait pas constaté, dans sa circonscription, de réalisations correspondant aux besoins évoqués en matière de ponts, de tôles ou de chaises pour les établissements scolaires.
Ces déclarations soulèvent, selon lui, la question de la traçabilité des fonds collectés auprès des parents et de leur affectation effective aux besoins des écoles. Les éléments avancés par le député appellent toutefois des éclaircissements de la part des services compétents sur les montants mobilisés, leur répartition et les réalisations effectuées.
Le cas de la sous-division de Muanda également évoqué
Pour illustrer les difficultés liées aux infrastructures éducatives, Oméga Mbadu a également mentionné la situation de la sous-division de l’Éducation de Muanda, dont les bureaux auraient été délocalisés à la suite de l’effondrement de son bâtiment sous l’effet d’une pluie.
D’après son intervention, cette structure occuperait provisoirement des locaux de l’ITP Nzadi à Boma depuis plus d’une année. Le député a ainsi exprimé ses préoccupations quant à la durée de cette occupation et aux conditions de fonctionnement des services concernés.
Pour lui, cette situation illustre le décalage qui peut exister entre les besoins urgents des infrastructures éducatives et les moyens effectivement mobilisés pour y répondre.
Deux recommandations pour concilier les intérêts des parents et des enseignants
Au terme de son intervention, l’élu de Boma a formulé deux principales recommandations : revoir le taux d’augmentation des frais scolaires afin de privilégier une progression graduelle et clarifier la part réservée aux infrastructures, notamment pour la ville de Boma.
Son plaidoyer vise, selon lui, à concilier trois impératifs : garantir une rémunération plus juste aux enseignants, préserver les capacités financières des parents et assurer une utilisation transparente des ressources affectées au secteur éducatif.
La question reste désormais de savoir quelles réponses les autorités provinciales apporteront aux préoccupations soulevées, tant sur le niveau des frais scolaires que sur la gestion des fonds destinés à la réhabilitation et à l’équipement des établissements.
Pour Oméga Mbadu, l’augmentation des frais ne devrait pas précéder la démonstration des résultats : les parents doivent pouvoir constater concrètement les améliorations réalisées dans les écoles auxquelles ils contribuent financièrement.
360 ACTU RDC




