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Kongo Central : l’agriculture au cœur d’une proposition pour la paix, l’emploi des jeunes et la refondation de l’État

Dialogue national : création d’un fonds agricole provincial, réhabilitation des routes de desserte agricole et accompagnement des jeunes entrepreneurs figurent parmi les principales pistes proposées par Éric Lubamba Ngimbi pour transformer le potentiel agricole du Kongo Central en moteur de développement.

La relance de l’agriculture pourrait constituer l’un des leviers majeurs de la paix sociale et de la refondation économique au Kongo Central. C’est l’idée centrale d’une contribution du notable Eric Lubamba Ngimbi soumise dans le cadre du Dialogue national pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État, qui plaide pour une transformation structurelle du secteur agricole en vue de créer des emplois, d’améliorer les revenus des producteurs et de renforcer la sécurité alimentaire.

Intitulée « La relance de l’agriculture au Kongo Central comme levier stratégique de paix sociale, de création d’emplois, de sécurité alimentaire et de refondation économique de l’État », cette réflexion met l’accent sur la nécessité de mieux valoriser les potentialités agricoles de la province.

Malgré ses terres arables, la diversité de ses productions et sa proximité avec d’importants centres de consommation, le Kongo Central peine encore à convertir pleinement ses atouts en richesses durables pour les populations rurales. Les difficultés d’accès aux marchés, le manque d’infrastructures de stockage et de transformation ainsi que les obstacles au financement limitent les possibilités de développement des producteurs.

Pour Eric Lubamba, l’agriculture ne devrait donc plus être considérée comme une simple activité de subsistance, mais comme un secteur stratégique capable de soutenir la croissance économique provinciale et de contribuer à la stabilité sociale.

Faire de l’agriculture un instrument de paix sociale

Cette proposition d’Eric Lubamba établit un lien direct entre les conditions de vie des populations et la consolidation de la paix. Elle soutient que la lutte contre la pauvreté, le chômage et l’insécurité alimentaire doit accompagner les efforts politiques et institutionnels en faveur de la cohésion nationale.

Dans cette perspective, l’amélioration des revenus agricoles, la création d’activités économiques dans les territoires et l’élargissement des possibilités d’emploi pourraient contribuer à réduire les inégalités et à renforcer la confiance des populations dans l’action publique.

L’enjeu est également de limiter l’exode économique des jeunes en leur offrant des perspectives professionnelles dans leurs milieux d’origine. La relance agricole est ainsi présentée comme un moyen de rapprocher développement économique, inclusion sociale et stabilité des communautés.

Un fonds provincial pour soutenir les producteurs

Parmi les principales recommandations figure la création d’un Fonds provincial de développement agricole du Kongo Central. Ce mécanisme aurait pour vocation de faciliter l’accès au financement des petits producteurs, des coopératives, des jeunes entrepreneurs et des projets de transformation agricole.

Le financement de ce fonds pourrait notamment reposer sur une dotation provinciale, des partenariats avec les institutions financières, des programmes nationaux, des contributions des partenaires au développement et des investissements privés.

La proposition insiste toutefois sur la nécessité de garantir une gestion transparente, des critères objectifs de sélection des bénéficiaires et des mécanismes de contrôle permettant de mesurer les résultats obtenus.

Par ailleurs, une étude de faisabilité préalable est également préconisée par ce notable de la ville de Boma afin d’évaluer les besoins réels, les ressources mobilisables et les modalités de fonctionnement de ce dispositif.

Les jeunes au centre de la relance agricole

Pour lui, l’emploi des jeunes constitue un autre axe majeur de cette contribution. Il propose egalement la mise en place d’un « Contrat provincial pour l’emploi agricole des jeunes », articulé autour de la formation professionnelle, de l’accès sécurisé à la terre, du financement, de l’accompagnement technique et de la recherche de débouchés commerciaux.

« L’objectif serait de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles, capables de développer des exploitations rentables et de créer des emplois dans plusieurs secteurs connexes, notamment le transport, le stockage, la transformation et la commercialisation », a-t-il déclaré.

Cette approche entend dépasser une vision de l’emploi essentiellement tournée vers l’administration publique, en faisant de l’agriculture une véritable opportunité d’entrepreneuriat et d’innovation.

Routes de desserte agricole et transformation locale

Eric Lubamba souligne également que l’augmentation de la production ne suffit pas à garantir la prospérité des agriculteurs. Sans routes praticables, infrastructures de conservation et circuits de commercialisation efficaces, les producteurs risquent de continuer à subir des pertes et à vendre leurs récoltes dans des conditions peu avantageuses.

Il recommande ainsi un programme prioritaire de réhabilitation des routes de desserte agricole, fondé sur une cartographie des bassins de production et une évaluation des besoins dans les différents territoires de la province.

Le développement d’unités locales de transformation est également présenté comme une priorité. Le manioc, le maïs, les bananes, les produits maraîchers et l’huile de palme sont notamment cités parmi les filières susceptibles d’offrir des possibilités de valorisation, en fonction des réalités locales et de la demande des marchés.

Il a en outre estimé que la transformation sur place permettrait de réduire les pertes après récolte, de créer des emplois supplémentaires et de conserver une plus grande part de la valeur ajoutée au sein de l’économie provinciale.

Une politique agricole fondée sur des objectifs mesurables

Au-delà des investissements matériels et financiers, Eric Lubamba appelle à une amélioration de la gouvernance du secteur. Il recommande l’élaboration d’un Plan provincial de relance agricole, précédé d’un diagnostic approfondi des filières, des infrastructures, des contraintes foncières et des besoins de financement.

Pour lui, ce plan devrait préciser les responsabilités des différents acteurs, les ressources nécessaires, le calendrier d’exécution et les résultats attendus. Un dispositif de suivi et d’évaluation permettrait notamment de mesurer l’évolution de la production, des revenus agricoles, des emplois créés et des pertes après récolte.

La coordination entre le gouvernement provincial, les services techniques, les producteurs, les entreprises privées et les partenaires au développement est également jugée indispensable pour éviter la dispersion des efforts et mieux mobiliser les programmes existants.

Au terme de cette réflexion, sept orientations sont soumises à l’appréciation du Dialogue national : faire de l’agriculture une priorité stratégique provinciale, étudier la création d’un fonds de développement agricole, désenclaver les bassins de production, soutenir l’emploi agricole des jeunes, promouvoir la transformation locale, renforcer la gouvernance du secteur et développer des partenariats entre producteurs, institutions financières et investisseurs.

La contribution de ce notable de la ville de Boma préconise enfin la traduction de ces orientations en un plan d’action chiffré, assorti de sources de financement identifiées, d’échéances précises et d’indicateurs de résultats.

Selon Eric Lubamba, la paix durable ne repose pas uniquement sur les accords politiques et les engagements institutionnels. Elle dépend aussi de la capacité des populations à vivre dignement de leur travail, à nourrir leurs familles et à envisager leur avenir avec confiance.

Dans cette perspective, la relance de l’agriculture au Kongo Central est présentée comme un investissement stratégique à la fois économique et social, susceptible de contribuer à la création d’emplois, à la sécurité alimentaire et à la consolidation de la cohésion nationale.

Jonobe Tsilulu.

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